Nous avons rencontré Michel pour la première fois à la Fête des fleurs à Favières, en septembre 1968. Il avait présenté une très belle démonstration de Judo et nous sommes allés, Jacqueline et moi, le féliciter et nous présenter. Tout de suite il marqua son intérêt pour l’Aïkido en apprenant que nous étions élèves de O-Sensei Morihei Ueshiba. Notre professeur en France, Nakazono Sensei m’avait conseillé, un mois plus tôt, de fonder mon propre Dojo et je ne savais pas comment m’y prendre. Très gentiment Michel me proposa de venir faire une démonstration dans son club.
La séance fut mémorable et je me retrouvais, la semaine suivante, seul devant Michel et quelques un de ses élèves 1er kyus et ceintures noires. La prestation dut lui plaire car il me proposa, sans hésiter, de créer une section d’Aïkido au sein de son Dojo. Ils furent, ses disciples et lui, mes premiers élèves à qui vinrent très rapidement se joindre deux adolescents à peine sortis de l’enfance, Vincent Morieux et Michèle Boulery. Jacqueline m’assistait quand nos jeunes garçons lui en laissaient le loisir. Michel reçu très vite un premier dan d’Aïkido mérité et continua ensuite la pratique de cette discipline qui semblait convenir parfaitement à sa conception exigeante du Judo.
Ce début prometteur, de ce qui allait devenir plus tard l’École de la Marsange, fut suivi par plusieurs décennies d’une relation sans faille qui accompagna le développement des arts dits martiaux entre Tournan-en-Brie et Gretz-Armainvilliers et plus récemment à La Houssaye en Brie. Je me suis réjouis, comme tous ses amis, quand la Municipalité de Tournan décida de donner son nom au magnifique Dojo qu’elle venait d’inaugurer.
J’ai toujours respecté Michel dont j’admirais l’expérience d’enseignant, l’extraordinaire maîtrise en Judo et la gentillesse dont il ne se départait jamais. Notre relation sans nuages dura jusqu’à la fin et connut son point d’orgue il y a deux mois quand il accepta de participer à un stage Ju-jutsu Aïkido pendant lequel il nous démontra une fois de plus sa parfaite maîtrise et son habituelle modestie.
En perdant Michel nous perdons un véritable ami et un compagnon sur la route difficile que nous avons choisie et qu’il a suivi sans défaillance jusqu’au bout. Nous gardons précieusement son exemple et avons décidé de lui dédier notre prochain stage d’Aïkido.
Jean Gabriel et Jacqueline Greslé,
tous les instructeurs et les élèves
de l’École de la Marsange